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Tourisme et hôtellerie dans les Tannouyan : le Gouverneur et ses proches collaborateurs éclairent les députés sur les difficultés et les défis
La mission d’information sur la problématique du développement du tourisme interne et de l’hôtellerie a conduit la délégation des membres de la Commission du Développement durable les 13 et 14 août 2026 dans la région des Tannouyan.
La région des Tannounyan attire les touristes avec ses cascades majestueuses, les dômes de Fabédougou, les pics de Sindou, le mont Ténakourou, le lac Tingrela. C’est un riche patrimoine naturel et culturel qu’il convient de promouvoir et valoriser. Les députés membres de la CCD et le Gouverneur des Tannouyan, le Camarade Patrice Yéyé, assisté de ses collaborateurs dont le Directeur régional de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme et la Directrice provinciale de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme en ont longuement échangé le jeudi 13 août 2026. Face aux députés, le Gouverneur des Tannouyan n’a pas eu la langue de bois pour décrire la situation du secteur de l’hôtellerie et du tourisme. Selon lui, la quiétude sécuritaire observée dans la région devrait renforcer l’affluence des touristes en lieu et place de la morosité de la fréquentation des sites. « Le tourisme familial est en train de prendre corps et cela est visible, il faut créer un système d’attractivité pour retenir les visiteurs. Malheureusement encore, les responsabilités ne sont pas établies en matière de promotion et de gestion du tourisme » a expliqué le Camarade Patrice Yéyé. Pour lui, la première difficulté, en même temps un défi à relever, est la responsabilisation dans la gestion des sites touristiques. Il précise : « entre Faso tourisme, les acteurs locaux et les communes, il est impératif de clarifier le niveau de responsabilité dans la gestion des sites. Il y a des endroits où l’accès est payant et il y a d’autres où ce n’est pas le cas. Les recettes issues des tickets d’accès, personne ne sait au juste comment elles sont réparties ou gérées. La gestion n’est pas numérisée. » Comme défi, le gouverneur dit fonder ses espoirs sur l’effectivité du transfert de compétences vers les communes : « au moins si ce transfert devient effectif, nous aurons un responsable sur qui taper. » Le Gouverneur a aussi interrogé l’opérationnalité de la direction régionale de Faso tourisme basée à Bobo avec compétence sur trois régions : Guiriko, Tannounyan, Djôrô. Il appelle donc de ses vœux, le transfert effectif des compétences : « en définitive, il faut que le niveau central se dessaisisse pour laisser le niveau décentralisé assumer ses responsabilités. L’Etat crée l’environnement, organise la réglementation et accorde les délégations de pouvoir. Mais après tout, il faut laisser la place aux opérateurs publics et privés décentralisés s’assumer. Là, à l’heure du bilan, on saura à qui demander des comptes. » De nombreux défis sur fonds d’espoir sur les potentialités touristiques En plus du défi de la gestion des sites, les responsables régionaux évoquent le défi de l’aménagement des sites en créant une chaîne de valeur autour du tourisme et de l’hôtellerie : mettre les infrastructures hotellière à niveau pour éviter de donner l’envie aux touristes de faire des aller-retour Bobo-Banfora, assurer le désensablement du Lac Tengrela, l’aménagement des voies d’accès. A cet effet, le Conseiller Technique du Gouverneur, Traoré Mamadou, a relevé la nécessité d’aménagements intégrés qui proposent des offres circulaires : restauration, animations culturelles, hébergement car pour lui, les sites touristiques actuels sont à l’état naturel, brut : « il faut associer à la nature, des aménagements adéquats et tendre vers un tourisme circulaire. Les hôtels hébergent pratiquement à la journée. La proximité de Bobo n’est pas toujours favorable car les gens préfèrent dormir là-bas. Il faut développer des activités de soutien au développement du tourisme ». Une autre cause de cet état des faits est que, les budgets des communes ne sont pas sensibles au tourisme, les communes mettant en place des activités en faveur des loisirs plutôt que le tourisme. Les responsables de la région ont espoir que le nouveau Code de l’urbanisme et de la construction et ses décrets d’application vont favoriser l’assainissement du secteur des établissements hôteliers. Pour conclure, le gouverneur a laissé entendre : « mon ambition est de voir que très bientôt celui qui descend à l’aéroport de Ouagadougou ou de Bobo, doit avoir en tête de prendre rapidement son car pour Banfora. Cette année, il est prévu l’aménagement de la piste de Karfiguéla. ». S’agissant des espoirs, il a salué la récente tenue du FESTICAS, un événementiel touristique ayant permis de drainer des milliers de visiteurs et raviver la flamme du tourisme interne dans la région. Il a dit attendre fortement que des recommandations fortes sortent de cette mission de l’ALP afin que l’exécutif soit interpellé sur la question de l’aménagement des sites, de la gestion et du développement du tourisme dans toutes les dix sept régions du pays.