Gestion des crédits délégués : la mission d'information de la COMFIB auditionne les structures déconcentrées du Kadiogo
La mission d'information de la Commission des finances et du budget (COMFIB) a auditionné les responsables des structures déconcentrées de la région du Kadiogo, notamment les départements de la santé, de l'économie rurale et celui de l'éducation de base, sur l'exécution et la gestion de leurs crédits délégués. C'était le lundi 31 août 2026.
Sur la période 2016-2025, les données présentées traduisent une forte capacité d'absorption budgétaire globale. La Direction régionale de la santé (DRS) du Kadiogo enregistre un taux d'exécution de 97,99 %, soit 3,98 milliards de F CFA exécutés sur 4,06 milliards alloués, tandis que la Direction régionale de l'agriculture, de l'eau, des ressources animales et halieutiques (DRAERAH) affiche un taux d'engagement supérieur à 85 %.
Pour sa part, la Direction régionale de l'éducation préscolaire, primaire et non formelle (DREPPNF) du Kadiogo présente également des niveaux d'exécution satisfaisants pour le fonctionnement des écoles et des circonscriptions d'éducation de base (CEB), bien que la pression démographique de la capitale accentue la tension sur les ressources allouées.
En dépit de ces performances financières, l'ensemble des directions régionales fait face à des contraintes budgétaires majeures.
D'une part, les allocations d'investissement restent dérisoires face aux besoins réels, comme l'illustrent les dotations insuffisantes en matériel informatique à la DRS avec 1,5 million de F CFA par an, ou la couverture limitée des charges de fonctionnement des écoles et des centres sanitaires.
D'autre part, la mise à disposition tardive des crédits et les régulations budgétaires pèsent lourdement sur le calendrier des activités scolaires et de terrain. À cela s'ajoutent les défaillances récurrentes du Réseau informatique national de l'administration (RESINA), la complexité des procédures du Code des marchés publics et le besoin continu de formation pour les agents de la chaîne de la commande publique.
Pour rationaliser la dépense publique, les responsables régionaux suggèrent de déployer un budget-programme fonctionnel au niveau déconcentré afin d'accorder une réelle autonomie décisionnelle, d'aligner la mise à disposition des fonds dès le début de l'année budgétaire, d'améliorer l'accès au réseau informatique RESINA et d'impliquer directement les structures régionales dans la phase d'élaboration et d'arbitrage budgétaire.
À l'issue des échanges, les parlementaires ont pris note des difficultés formulées, lesquelles alimenteront le rapport général d'évaluation.